les martyrs voulaient s’aimer

Sacha Cambier de Montravel, Les martyrs voulaient s’aimer, 2026, Oil on wood panel, Exposition Les Orphelins de Thèbes, 23/05–17/06/2026, Mor Charpentier

J’ai toujours un goût amer lorsque je loupe une expo. Mais heureusement qu’il y a des bonnes âmes qui en prennent de bonnes photos.

C’est le cas du travail de Sacha Cambier de Montravel, d’ailleurs patronyme qui pourrait, dans une autre époque, être associé à un annonciateur de l’apocalypse.
Pour celleux qui ferment les yeux c’est un savoureux mélange de flamand-gothico-byzance sur fond de sujets de société contemporains teintés de solastalgie.
Étant fan inconditionnelle de Bosch je plussoie ce remaniement moderne sur fond d’hérésie. Rien à dire sur la technique qui met tout le monde d’accord, safe and sound, qui a traversé des centaines d’années et se déploie comme si la peste nous menaçait encore.
le diable se cache dans les détails : ce n’est pas qu’une époque lointaine, sordide et sale, comme les personnes peu à l’aise avec la période médiévale aiment à la qualifier. C’est maintenant, c’est nos violences quotidiennes qui prennent place dans un décor au premier regard révolu. C’est une dichotomie certes déjà vue et revue mais diantre qu’elle est efficace quand c’est bien exécuté. à voir si y’aura des prises de risques à l’avenir pour justement dompter précisément ce presque écueil.